Allongée, elle me tend un lot de tiges en bois. Je suis attiré par celle courbée.
- Je te fais confiance. Punis-moi, fouette-moi.
- Oui, si tu veux, jusqu’à ce que ce soit rouge ?!!
- Non, bleu.
Je pense soudainement à la première fois que je l’ai vue nue, une marque sur le bas de son dos. Le toucher, une croute.
- Bleu ! Mais je ne pourrais jamais aller jusque là ! Quel plaisir y’a-t-il à ça ?
- Ca fait mal plusieurs jours, ça reste des jours et des jours. Le fait de ne pas pouvoir s’asseoir… Normalement c’est à moi de commencer, mais si tu veux, vas-y.
Je regarde la tige. La patine, usée, la transpiration des hommes avant moi.
- Dis-moi comment je dois me mettre ?
Avec ses mains, elle positionne mon cul. A quatre pattes.
- Ne rit pas, ne rit pas, c’est très sérieux de punir. Tu préfères cette baguette ?
- J’ai un peu peur que ça me fasse mal, les bords sont saillants.
Elle s’exerce à blanc. Je vais prendre ma première raclée, juste pour jouer. Mais elle rate mes fesses et fouette la plante des pieds. Je cris avec ma voix pourrie, rit, et évidemment déçue, change de rôle. A quatre pattes, elle attend mais j’éclate de rire. On arrête de suite.
Si elle me trompe un jour, je n’aurai qu’à regarder ses fesses. Je dois me documenter. Je ne vois plus les tuteurs des plantes d’appartements de la même façon. Cette tige est un seul trait, je ne vois plus les Iris de Van Gogh que par elle, elle a donné corps à chacun de mes traits de crayon, de marqueur, obsession, vie, chaque trait de pinceau est elle, sa chair bleuie.